Guide complet du temple d'Hatchepsout à Deir el-Bahari et des colosses de Memnon : Le chef-d'œuvre de la femme pharaon et les géants de Thèbes
Explorez le temple funéraire de la reine Hatchepsout à Deir el-Bahari et les colosses de Memnon sur la rive ouest de Louxor avec LuxorStar : génie de Sénènmout, fresques de Pount, mythe de la statue chantante et conseils pratiques.
Introduction : Un amphithéâtre minéral grandiose au cœur des falaises thébaines
Au pied des vertigineuses falaises calcaires de la rive ouest de Louxor, le voyageur découvre un spectacle architectural inoubliable : un chef-d'œuvre de pierre qui semble jaillir spontanément du flanc de la montagne. Il s'agit du temple de Deir el-Bahari, désigné dans les textes hiéroglyphiques sous le nom de « Djeser-Djeserou » (« Le Saint des Saints »), temple funéraire de la reine Hatchepsout, la femme la plus illustre et puissante à avoir régné sur l'Égypte ancienne en tant que pharaon légitime.
À quelques minutes de là, aux confins des plaines agricoles fertiles, se dressent deux vigies de pierre colossales : les colosses de Memnon. Du haut de leurs 18 mètres, ces deux monolithes de grès quartzite veillent depuis plus de 3 400 ans sur l'emplacement du gigantesque temple funéraire du pharaon Aménophis III (Amenhotep III).
La plateforme LuxorStar vous invite à découvrir ces deux joyaux de la Thèbes antique à travers ce guide exhaustif mêlant histoire fascinante, secrets architecturaux et conseils logistiques pour une visite réussie.
1. La reine Hatchepsout : La femme pharaon qui défia les conventions
- L'accession au trône : Hatchepsout (Maâtkarê) a régné sous le Nouvel Empire (XVIIIe dynastie, v. 1479-1458 av. J.-C.). Initialement régente pour son jeune neveu et beau-fils Thoutmosis III, elle mit à profit son habileté diplomatique et l'appui du clergé thébain d'Amon pour se proclamer pharaon de plein droit.
- Les attributs masculins du pouvoir : Afin de respecter la tradition religieuse et cosmique de la monarchie pharaonique, Hatchepsout s'est fait représenter vêtue du pagne masculin, coiffée du némès et arborant la barbe postiche cérémonielle, affirmant ainsi son rôle de garante de la Maât (l'ordre et la justice cosmique).
- Une ère de paix et de prospérité : Son règne d'environ vingt-deux ans fut synonyme d'essor économique, de réouverture des routes caravanières et maritimes, et de constructions grandioses à Karnak, Louxor et Deir el-Bahari.
2. Le génie architectural de Deir el-Bahari (Djeser-Djeserou)
Conçu par le grand intendant et brillant architecte royal Sénènmout (Senenmut), le temple d'Hatchepsout inaugure une rupture esthétique saisissante. En harmonie parfaite avec le paysage désertique, le sanctuaire s'élève en trois terrasses superposées accessibles par de monumentales rampes axiales :
A. La terrasse inférieure et la voie processionnelle
- L'allée des sphinx et les arbres à encens : Une longue chaussée bordée de sphinx reliait le temple au Nil, flanquée de jardins plantés de myrrhe et d'encens rapportés d'Afrique de l'Est. Fait remarquable : les racines pétrifiées de l'un de ces arbustes millénaires sont encore préservées devant la rampe !
- La colonnade du transport des obélisques : Elle retrace en bas-reliefs l'exploit d'avoir convoyé sur une barge fluviale géante deux obélisques monolithiques en granit rouge depuis les carrières d'Assouan jusqu'aux temples de Karnak.
B. La terrasse médiane : Les chefs-d'œuvre de la gravure égyptienne
Cette terrasse abrite deux portiques historiques majeurs et des sanctuaires aux couleurs saisissantes :
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Le portique de l'expédition au pays de Pount :
- Illustre la mission maritime ordonnée par la reine vers le lointain et fabuleux pays de Pount (actuelle région de la Corne de l'Afrique).
- Les bas-reliefs détaillent les navires à voiles, la flore tropicale, les habitations sur pilotis, les animaux exotiques (girafes, babouins, panthères), et la rencontre officielle avec le chef pountite Parahou et son épouse Éti.
- La flotte revint les cales chargées d'or, d'ivoire, d'ébène et d'arbres à myrrhe vivants transplantés en Égypte.
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Le portique de la théogamie (Naissance divine) :
- Véritable manifeste théologique et politique, ce portique dépeint le dieu Amon-Rê s'unissant à la reine Ahmose sous l'apparence du pharaon Thoutmosis Ier pour engendrer Hatchepsout, proclamant ainsi son origine divine directe et légitime.
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La chapelle d'Hathor :
- Érigée à l'extrémité sud, elle est dotée de colonnes à chapiteaux hathoriques remarquables aux visages bienveillants et aux oreilles de vache. Ses bas-reliefs polychromes superbement conservés montrent Hathor léchant tendrement la main de la souveraine.
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La chapelle d'Anubis :
- Située au nord, dédiée au dieu funéraire à tête de chacal, elle est couverte de plafonds astronomiques peints d'étoiles dorées sur un fond bleu profond.
C. La terrasse supérieure et le saint des saints
- Les statues osiriennes : La façade supérieure est ornée d'imposantes statues d'Hatchepsout représentée sous les traits du dieu Osiris, bras croisés serrant le fouet et la crosse d'apparat.
- Le sanctuaire creusé dans le roc : Pénètre profondément dans la falaise montagneuse, là où la barque sacrée d'Amon trouvait son repos lors de la prestigieuse « Belle Fête de la Vallée ».
- Le monastère copte : Aux premiers siècles chrétiens, un monastère dédié à Saint Phoibammon s'y installa, conférant au site son appellation moderne de Deir el-Bahari (« le couvent du nord »).
3. Le martelage et la « Damnatio Memoriae »
Au fil de votre exploration, vous remarquerez que les cartouches et représentations d'Hatchepsout ont souvent été grattés ou effacés au burin :
- Vers la fin du règne personnel de Thoutmosis III et sous son successeur Amenhotep II, une campagne systématique visa à détruire ses effigies et à consigner le pouvoir selon la succession masculine traditionnelle.
- Les recherches modernes confirment qu'il s'agissait avant tout d'une nécessité politique dynastique plutôt que d'une vendetta personnelle. Les missions archéologiques internationales ont patiemment restauré et réassemblé de nombreuses statues brisées.
4. Les colosses de Memnon : Les vigies de pierre de la rive ouest
Avant d'atteindre Deir el-Bahari, deux silhouettes monumentales s'élèvent majestueusement au bord de la route :
- Origine royale : Édifiées vers 1350 av. J.-C. en hommage à Aménophis III, ces statues ornaient l'entrée du pylône de son temple des millions d'années, jadis le plus vaste complexe religieux de la rive occidentale.
- Dimensions vertigineuses : Sculpté chacun dans un unique bloc de quartzite gréseux acheminé sur plus de 670 km depuis les carrières du Gebel el-Ahmar près du Caire, chaque colosse s'élève à 18 mètres de hauteur et pèse plus de 720 tonnes.
La légende du colosse chantant
- Le séisme de 27 av. J.-C. : Un tremblement de terre fissura le colosse nord, effondrant sa partie supérieure.
- Le chant de l'aube : Chaque matin au lever du soleil, les voyageurs observèrent que la statue émettait un son cristallin vibrant, comparable à la corde pincée d'une lyre. La physique moderne attribue ce phénomène à la dilatation thermique de l'air et à l'évaporation rapide de la rosée matinale emprisonnée dans les pores et failles de la pierre.
- Le mythe de Memnon : Grecs et Romains assimilèrent la statue à Memnon, roi d'Éthiopie et héros de la guerre de Troie, fils d'Éos (l'Aurore), croyant qu'il saluait sa mère au lever du jour.
- Visites impériales et poèmes antiques : Devenu le pèlerinage le plus célèbre du monde antique, le site fut visité par l'empereur Hadrien et son épouse Sabine en 130 apr. J.-C. Des dizaines de poèmes en grec et en latin restent gravés sur les jambes du colosse.
- Le silence définitif : Vers 199 apr. J.-C., l'empereur Septime Sévère fit réparer la statue avec des blocs de pierre neufs ; les fissures bouchées, le colosse se tut à jamais !
Tableau comparatif des deux sites
| Monument | Période | Éléments incontournables | Durée conseillée | Accès & Billetterie |
|---|---|---|---|---|
| Temple d'Hatchepsout (Deir el-Bahari) | Nouvel Empire (XVIIIe dynastie) | 3 terrasses superposées, fresques de Pount, chapelle d'Hathor, statues d'Osiris | 1h30 à 2h | Billet d'entrée officiel (navette électrique « Taf-Taf » disponible) |
| Colosses de Memnon | Nouvel Empire (Aménophis III) | Deux colosses de 18 m, inscriptions gréco-romaines, fouilles du temple | 20 à 30 min | Accès entièrement gratuit en plein air |
Conseils d'experts LuxorStar pour une visite parfaite
- Privilégier la fraîcheur matinale :
- La rive ouest est aride et très ensoleillée. Le meilleur moment pour visiter Deir el-Bahari se situe entre 6h30 et 8h30 du matin, lorsque la lumière dorée illumine la façade calcaire et que la température est agréable.
- Circuit complet de la rive ouest :
- Commencez à l'aube par un vol en montgolfière au-dessus de Louxor, puis enchaînez avec la Vallée des Rois, le temple d'Hatchepsout et l'arrêt photo aux colosses de Memnon.
- Navette électrique (« Taf-Taf ») :
- Des voiturettes électriques circulent entre le centre d'accueil des visiteurs et la rampe du temple pour vous éviter la marche sous le soleil.
- Équipement recommandé :
- Chapeau à larges bords, lunettes filtrantes, crème solaire protectrice, chaussures confortables pour les rampes et bouteille d'eau fraîche.
- Photographie :
- Prenez du recul au bas de la première rampe pour saisir l'harmonie géométrique parfaite entre les colonnades et les falaises monumentales en arrière-plan.
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Excursions & Expériences décrites dans cet article
Baie de Makadi : visite privée de Louxor, de la Vallée des Rois et du temple d'Hatchepsout
